Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 13:14

L'oubli est un barrage contre les souvenirs et même les rêves. L'oubli peut être libérateur comme il peut être souffrance. Oublier une mauvaise rencontre ( généralement un beauf, un alcolo, un "ami" d'enfance, un sociopathe, un misanthrope... ) est nettement préférable que d'oublier le code de sa carte bleu.

 

Lorsqu'on fait des erreurs et que l'on accumule beaucoup, l'esprit humain peut de moins en moins relativiser les petites erreurs qui deviennent par accumulation une catastrophe. Comment relativiser les erreurs si il n'y a pas de réussite substantielles dans la vie ? Le mieux resterait alors de vivre avec et à terme de les oublier, les remords étant un état d'esprit peu propice à une vie paisibles.

 

L'oubli des erreurs signifie également, selon moi, de ne plus jamais refaire ces erreurs, et en contrepartie, l'oubli peut soulager des souffrances morales héritées de ces erreurs.

 

Je ne circonstancie pas mes articles par des exemples de peur de dicter ce qu'il faut penser, je préfère, je pense l'avoir déjà dis, laisser libre à autrui de choisir l'exemple afin de laisser un développement plus libre de la réflexion. Cependant, je pense avoir compris que celà peut parfois être source de confusion et dans le paragraphe suivant, j'ai placé un exemple.

 

Par exemple, si vous, un ou une collègue passe au grade supérieur, gagne une promotion... en principe, la rupture de contact relationnel est enclenché si ce n'est déjà terminée. Les rapports entre collègues de travail n'étant jamais égalitaire et étant situé surtout par rapports aux performances dans le travail, il n'y a donc aucune base humaine solide sur laquelle peut reposer la relation humaine. Par conséquent, il n'y a entre collègues de travail, qu'une sympathie de circonstance si ce n'est un dénigrement répété.

 

Aussi, les options suivantes sont envisagé si la situation du "moi je passe au grade supérieur et pas toi" ( même sans le dire comme ça ou le penser, il a toujours un moment où ce ressenti est infligé et/ou subi ) venait à se produire :

 

A : Faire tout pour que la relation dure par delà ladite promotion.

B : Réduire la fréquence de la discussion.

C : Croiser la personne le temps de mentionner la façade de politesse : "bonjour"

D : Essayer de ne pas croiser la personne

E : Laisser tout tomber.

 

J'ai déjà essayé la A. La personne à qui je me suis attaché ne faisait pas grand chose pour garder la relation intact malgré la fin de formation. D'un autre côté, jamais on a cherché à me recontacter, alors sérieusement, je vois pas pourquoi me bougé les fesses à animer des relations qui ne demandent qu'à s'évanouir. Si la maintenance d'une relation dépends d'un contexte très particulier, ce contexte ne fait que servir de paravent à une relation dont le semblant d'aspect humain est en réalité vide de sens. Soit il y a une fraternité sérieuse, et cette fraternité survit au contexte particulier, soit c'est une relation de circonstance, et maintenir le contact est inutile. Savoir oublier les relations dépendante de circonstances particulières ( et je viserais toujours le travail en premier ) vaut toujours mieux que d'en faire un souvenir à ressasser ou à garde en réserve pendant toute sa vie.

 

La B parait plutôt raisonnable. Il s'agit là de s'assurer que ce soit une discussion naturelle qui ait lieu et pas une pitié ou une démonstration de possession sur autrui comme j'ai déjà eut la faiblesse d'esprit de la faire avec la A. Cependant, si ça tourne autour du travail, du social à outrance... je laisse tomber la conversation car j'ai une tolérance faible envers quiconque refait le monde. Avec de genre de personne, soit je me plains, soit c'est l'autre qui se plaint, et ça demande beaucoup de volonté pour interrompre la discussion si elle est représente une menace dogmatique.

 

La C, disons-le un grand coup, reste pas mal méprisant. Et pourtant, c'est ce que je fais moi-même souvent voire toujours une fois à l'extérieur de la maison. J'anticipe beaucoup les discussions intrusives envers ma personne car de mon côté cependant, je ne suis pas curieux de ce qu'est l'autre, poser des questions à l'autre lui concernant revient, à mes yeux, à l'encourager à se plaindre, à être intrusif sur sa vie privée et sur son état d'esprit, à s'immiscer dans sa condition. Et inversement, si je sens que l'autre s'inquiète pour moi ( et j'ai sincèrement horreur de tout inquiétude à mon égard car je la trouve envahissante, inhibitrice et source de tristesse inutile qui encourage à tout faire pour ne pas avancer ), je me contente simplement de dire "bonjour", et si l'autre me demande "ça va ?", je réponds toujours "oui", mais je continus de marcher. Je tiens à ne pas laisser l'autre s'intéresser trop à moi, ou il ne me restera rien pour abriter ma dignité et mon état psychique. Lorsqu'un inconnu me dit "bonjour" en le croisant alors même que je ne le connais, et c'est assez souvent un ado si ce n'est un enfant qui le fait, je réponds moi aussi par le même mot car j'accorde beaucoup de considération à la courtoisie mais sans plus, sauf pour demander quel direction pour aller à telle ville ou telle rue ( c'est moins necéssaire puisqu'il y a le GPS ). Je ne renvois pas le bonjour à un mendiant, car je me sentirais embriguadé à faire un don, loin de moi l'idée d'oublier la condition dans laquelle se trouve l'individu. Il fut un temps pourtant où je faisais des dons aux mendiants sans hésiter...

 

Pour la D, ne pas essayer de croiser la personne, c'est dans le but de ne pas provoquer chez l'autre un sentiment de frustration, de pitié, de regret d'être meilleur que l'autre, ou quoique ce soit qui paraitrait condescendant. Se faire oublier permet à l'autre comme à soi de ne pas penser à l'opinion respective de chacun, l'intellect est très mal exploité quand les sentiments s'en mêlent. Ne pas croiser l'autre est préférable si l'autre vous envahit de ses émotions. Je ne me vois pas vraiment saluer tous les gens avec qui je n'ai pas trop d'affinitiés, et j'ai besoin de ne pas avoir d'affinité avec qui que ce soit, parce que sinon, un reflexe conditionné que j'essai d'anéantir refairais surface pour m'obliger à acraliser la relation... J'imagine qu'à cause d'une personne qui applique "la famille c'est sacré" ou "les amis c'est importants", on est moins à même de considérer le proverbe "laisser vivre, laisser courir" qui est bien plus cincèrement respectueux de l'individu, rien à voir avec les 2 proverbes précédemment indiqué.

 

Pour la E, il n'y a dans l'absolu aucune hypocrisie. Je reconnais l'éventualité qu'il existe une part de meilleur chez un/e inconnu/e sans pour autant généraliser car ce serait faire utopie ( laquelle ne demande qu'à s'écrouler dès le premier grain de sable de la désillusion au nom d'une idée sacralisée ), je peux très bien nier cette éventualité si je redoute que l'autre soit quelqu'un de potentiellement dangereux physiquement ou psychiquement. La plupart du temps, accorder le bénéfice du doute amortit les aléas du comportement. Je préfère encore mille fois oublier quelqu'un que j'ai eu beaucoup l'occasion de cotoyer plutôt que de vainement maintenir une relation en sachant parfaitement que l'autre comme éventuellement moi-même ( et je connais les vertus du silence ) a une opinion potentiellement blessante derrière la tête me concernant et moralement fatiguante. Je préfère mille fois cotoyer positivement quelqu'un de passage, plutôt que de maintenir une relation qui repose sur le travail ou autre contexte socio-professionnel et ne demande au bout du compte qu'à disparaitre une fois ce contexte rompu.

 

J'ajoute qu'oser dire à l'autre "vous êtes/ tu es un tel?" alors même que l'on ne se cotoye pas activement, c'est vraiment donner la part belle à une attitude digne du KGB ou de la NSA. Ainsi, quand je revois quelqu'un, et que ce quelqu'un me dit "t'étais pas de *tel lieux scolaire ou pas* avant ?" ou encore "bonjour X", je trouve que l'autochtone qui m'agresse est vraiment mal embouché de m'adresser la parole sans avoir la décence de se présenter avant puis citer une petite partie de qui il/elle est au lieu de croire toute de suite que je sais qui c'est. Si je ne me souviens pas de l'autre, c'est pas la peine d'insister, j'ai probablement oublier inconsciemment à raison : Quand l'esprit humain ne cultive pas les mauvais souvenirs, il peut aussi bien les oublier, et ce n'est pas plus mal. Si tel ne m'a pas marqué ou m'a marqué par une étonnante imbécilité, ce n'est pas dans mon intérêt de garder à l'esprit des souvenirs désagréables. Je ne suis pas un admiratif d'Alzeihmer, il s'agit d'une maladie qui est subite qui contraint les individus concernés à oublier sans pouvoir choisir les souvenirs. L'oubli est une démarche de vie parfois indirectement consciente ( oublier un imbécile rend service ), parfois naturelle ( difficile de se souvenir de quelqu'un qu'on a vu qu'une fois et qui n'a pas marqué plus que ça et dont le souvenir n'est pas primordial ).

 

L'oubli n'est pas la solution à tous les problèmes, je le conçois, car il peut déresponsabiliser les gens sur les conséquences de leurs actes, ou enjoindre à la méconnaissance. Cependant, si il ne s'agit pas d'un crime ou simplement d'une attitude abjecte, l'oubli est parfois le seul réconfort qui reste pour pouvoir mieux passer à autre chose.

Partager cet article

Repost 0
Published by regard-existence - dans Réflexion personnelle
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de regard-existence
  • Le blog de regard-existence
  • : Dans ce blog, je tenterai d'exprimer ce qui a attiré mon attention et aussi ce qui m'interpelle ou que j'estime necéssaire. Je témoignerai de tel ou telle expérience ou pensée, et même de ce qui m'amuse aussi.
  • Contact

Recherche