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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 02:07

Mon principal doute souvent concerne le débat. Je conçoit tout à fait que la divergence est possible. Mais qu'en est-il du respect de la divergence si la discussion relève de l'épreuve de force ? Je fais allusion au choix de mots ( vannes sous-entendus par exemple ), à l'usage de la grossièreté, réduction de l'expression de l'opinion de l'autre jusqu'au mépris...

 

Je m'interroge sérieusement de l'utilité de discuter avec son prochain si, dans 80% des cas, c'est pour se faire négocier ses idées alors qu'un avis n'est pas demandé. Je poste d'ailleurs ma mise en doute ici consciemment pour obliger à la réflexion sans permettre pour autant un commentaire; à toujours avoir un avi sur tout, c'est avoir pignon sur rue. Le silence peut également être une manière de réfléchir et limiter une attitude impulsif.

 

Je pars du principe que par delà mes convictions, je ne suis pas à même de convertir mon prochain pour autant. Le mariage est une institution qui me répugne ( enchainnement à l'autre, plus d'individualité possible, devenir la propriété de l'autre ), je ne vais cependant pas jusqu'à engager une cabale envers quiconque se marie, mais la contrepartie c'est que la personne qui se marie fasse montre de respect envers mon opinion qui n'est évidemment pas convertible, celà relèverait d'une discussion non pas sur un échange amicale, mais bien sur une confrontation. L'animosité n'est pas toujours présente mais ça ne saurait tarder quand l'empiètement sur l'opinion de l'autre.

 

Quand un échange est possible, celà signifie que chacun expose ses idées sans que l'autre ne s'avise de courroucer l'un. Lors d'une discussion sur la préférence du statut d'employé ou d'employeur, l'employé peut dire par exemple que son statut est moins stressant, tandis l'employeur peut ajouter qu'il est libre décideur. Le but, dans une discussion effectivement amicale, est d'apporter un brin de discussion, et permettre un maximum d'expression de sensibilités. Lors qu'on catégorise l'opinion de l'autre comme étant "mauvaise" ou "bonne", ou même si on ose critiquer l'opinion de l'autre par "vous" ou "tu", ça appelle à une forme d'injonction dogmatique, et la réflexion n'est plus séparée de la personne qui a formulé sa pensée, la qualité de l'échange est appelé à diminuer au point d'appeler à une querelle tout à fait envisageable. Il faut donc construire la poudrière ( les moqueries répétées, l'humour étant une piètre excuse pour quand c'est du rebâchage ), il ne manque plus que l'étincelle ( un compliment inespéré, une moquerie de trop qu'il s'agisse oui ou non de la même etc...). La monstruosité de la destruction psychique prend n'importe quelle apparence.

 

Sans nous en rendre compte ( nous, désignant l'humanité toute entière ) , les questions ne relèvent alors non plus d'une curiosité ( courtoisie douteuse ), mais d'un interrogatoire, et les personnes peuvent devenir vulnérables ( même si ça ne dure qu'un temps ) et se sentent alors obligé de répondre aux questions alors mêmes qu'elle ne sont sous la coupe d'aucune menace. Les gens peuvent peuvent preuve d'une curiosité intrusive sans le vouloir, et beaucoup peuvent aisément faire échec au minimum de présence d'esprit empathique qu'exige la discussion. A ce moment là, l'échange devient factice cumulant tout ce qui insupporte : intrusion, inutilité, désagrément. Tout pour déplaire, et rien à y gagner ( gagner un dépression après une discussion en souffrance n'est pas une victoire ). Les sectes existent et commettent beaucoup de dommages, c'est certain, mais bien des gens qui n'y appartiennent pas se comportent de façon similaire eux-mêmes pour être eux aussi manipulateur, que celà soit compulsif ou volontaire. Chose étrange, je parle "d'appartenir à une secte" et puisqu'on parle d'appartenance, cette simple formulation dénotte implicitement dans la société qu'un esprit ne se conçoit que si il appartient à quelqu'un à, à plusieurs personnes, ou tout autre organisation dominatrice sur l'esprit. Pour être capable d'initiative ( qu'il s'agisse d'agir ou de penser ), c'est à soi-même que son esprit appartient, personne d'autre.

 

Ca relève de l'exploit quand je me livre beaucoup, et ça signifie que la personne à qui j'ose me confier a reçue de moi une confiance et une immense considération. Mais ça ne signifie pas que j'ai tout perdu de ma méfiance ( elle reste indispensable, car sans méfiance, pas de capacité à prendre des précautions ). La bonne discussion est celle qui construit, celle où l'on se sent exister. On fait mention d'une pensée à l'autre, et l'autre la comprend plutôt que se battre contre sans la connaitre avant. Les seuls moments où j'apprécie de discuter, c'est lorsque je ne me sens pas obligé d'anticiper les réactions, d'ignorer, d'agresser ou de repousser l'autre. Dans ces très rares moments de tranquilité de l'esprit que je n'atteins jamais avec une partie non négligeable de la population si ce n'est la totalité, je peux comparer la discussion avec le ciel. Parler, c'est se sentir vivre avec l'autre.

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Published by regard-existence - dans Réflexion personnelle
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