Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 17:30

I Le ressenti

 

On nous rebâche d'une sombre histoire pour justifier le chômage et la difficulté d'embauche.

 

S'insérer, dans la vie, ce n'est jamais une question exclusive à la jeunesse. Parfois, savoir ce que l'on veut faire relève d'une expérimentation constante, de motivation.

 

Ce que cette société veut, c'est que la vie soit déjà faite et prévu d'avance, comme si c'était une destinée déjà tracée. C'est tellement rassurant de ne penser qu'au mythe sacré d'une vie bien faite. La société est très discriminantrice sur le plan sociale, instaurant une forme de hiérarchie vexatoire.

 

Idéalement ( et vous savez combien je déteste l'utopie ), il faut être avocat ou médecin, sinon faire le même métier que les parents, que ce soit fermier ou fromager. Tout autre voie est foncièrement dégradante, sale, mal payé, inutile.

 

Et puis, pendant qu'on y est, faut aussi avoir la bonne femme qui fait la popote et s'occupe des enfants, n'exerce pas d'activité professionnelle ( ce qui suppose dans ce cas que le mec est riche pour 2, stabilité professionnelle garantie ) avec la caravane pour aller en vacance dans le Var... Quel beau tableau évangeliste ça fait.

 

Mécanicien, plombier, chauffagiste, ouvrier en batiment, éboueur, mais quelle horreur, tous ces métiers qui ne correspondent à l'utopie de la vie bien faite. Mieux vaut encore que 95% de la population mondiale soit médecin ou avocat. La vie idéale, l'utopie, est elle-même génératrice d'exclusion et d'ignorance de la réalité qu'elle s'acharne à ignorer. L'utopie ne se construit jamais avec la réalité, elle ne la maitrise jamais.

 

Le progressiste connait la réalité, et ses aléas inspire intellectuellement le progressiste à courber la réalité pour la rendre vivable. Le progressiste n'est pas un utopiste; c'est en connaissance de cause qu'il développe des idées pour répondre aux difficultés de la réalité. L'utopiste dort dans ses rêves, et quand il s'agit d'agir, il réfléchit peu, et se vautre dans sa légitimité pour justifer ses actes destructeurs. Le progressiste n'est pas un fataliste; contrairement à ce dernier, il s'abstient d'exalter et de s'inhiber des difficulté de la vie, quitte à parfois admettre, comme n'importe quel être humain, qu'il n'a pas la réponse à tout. Mais néanmoins, l'horreur de l'utopie et les afres du fatalisme sont toujours exclues, ne serait-ce que pour ne pas souffrir du stress de la détresse.

 

Ah  mais, l'activité économique et sociale ne repose-t-elle pas sur la diversité d'activités, qu'elles soient ludique ou utile, ancienne ou nouvelle, éphémère ou durable ?

 

On ne peut pas non plus envisager que 95% des métiers exercés soient agricoles ( essayer donc d'habiter la « ruralité », manque d'imagination et de travail sauf quand vous voulez être fermier, évidemment ). On ne peut pas non plus imaginer 95% de fonctionnaires, de scientifiques, d'artistes...

 

Finalement, il y a toute une série d'idéalisme concernant l'univers professionnel qui doit tomber, et exalter tel ou tel métier ne fait qu'opprimer toute ambition professionnel

 

Parce que des réacs qui ont connut l'Occupation ou mai 68, période économique + retraite en or incluse, ont bonne gueule de se plaindre du désoeuvrement, j'ai toujours détesté les gens imbus d'eux-mêmes en commençant par un passé bardé d'orgueil. Eh bien, les « vieux », sortez de vos métiers éternels et de vos retraites, et reprenez le travail ou changez-en. Si l'entreprise a fermé ou ne veut plus de vous, cherchez donc du travail : vous aurez la joie de connaître que selon le smic, vous coutez trop cher; c'est vache pour une société qui prône l'égalité, mais les devises nationales n'ont toujours vocations qu'à être des glorioles, personne ne parle de les respecter ou de les remettre en question ( on est certainement pas le premier pays du monde à lutter contre les inégalités ).

 

A chaque vieux, un ancien jeune. Vous allez donc connaitre les rudiments de l'informatique pour Internet, prenez r.d.v avec un conseiller pour l'emploi, renouvelez l'abonnement chômage, faites des stages ( ça consiste à compter les mines de crayons, à compter les feuilles et apporter du café ). A propos, vous avez des diplômes ? Sont-ils à jour des nouvelles connaissances et des nouvelles technologies ? Oh, c'est pas vrai, fasse à toute cette montagne, les « vieux » préfère leur vie toute faite et une retraite pépère où l'on peut vivre paisiblement avec ses préjugés tout à fait digne de gérontocrate marginaux et haineux. L'aggressivité de votre opinion inculte vous convient, continuez de regarder TF1 à 13h à 14h30, et France 3 le reste du temps, ça vous va aussi de vous axer sur la télévision en guise de cerveau et de culture acquise. C'est tellement mieux d'habiter une chose aussi pitoyable et prévisible qu'on appelle le « passé ». Vautrez-vous dedans.

 

Je tiens à rappeler, vieux réac de tous poils, que pendant que vous vous plaignez que la « jeune génération » a été gâté, elle n'a pas pour autant un avenir. Dans ce cas je peux dire que la « vieille génération » n'a pas été gâté ( et elle rappelle le + sérieusement du monde et sans trop se la ramener pour autant, la dureté des métiers manuelles ), et au contraire, elle a eu ou a encore un avenir. Laquelle des générations est la plus gâtée alors ?

 

Autant je peux entièrement comprendre que les vieux se plaignent des violences, et je considère qu'il est honnête de se plaindre quand sa dignité est atteinte. Au passage cependant, ni le sexe, ni l'âge, ou tout autre aspect physique et/ou psychique ne justifie que l'on porte une atteinte.

 

Mais là où ça devient grave, ce sont les opinions terriblement expéditives à l'encontre des « jeunes » ( au fait, c'est quoi être jeune et c'est quoi être vieux ? Est-ce une question d'âge physique ou une dimension de l'esprit ? ). Eh bien les vieux, mettez-vous donc à leur place : vous êtes obligé de subir la nostalgie et la prudence paranoïaque de toute part, le tout sans perspective d'avenir et d'emploi, et pourtant, les aides sociales ne manquent pas. Allez-y molo, quand vous dites que la jeunesse est gâté.

 

Je sais que je dois pas faire de généralité, mais la coupe est pleine quand j'entends les gens se plaindre de tout, et même de la pluie ( mais respectez Dame Nature, enfin ! ).

 

Quand on est pas « gâté », le choix de vie est + hardu. Faire des choses au hasard et à perte ne mène nulle part, sauf à la dépression : que la société se montre médisante envers le chômage ne fait que pousser davantage de gens à se tourner vers la criminalité, à se faire harceler de conseiller à l'emploi, à être triste... Agir tête baissée, est faisable, mais en la circonstance, ça ne rendra pas service.

 

Pour ma part, il y a certaines des solutions suivantes qui sont possibles. Il y a l'attente difficile en essayant plus ou moins bien de répondre, se résigner et ne plus contacter l'extérieur, ou voler pour vivre ( implique souvent la violence, mais même quand le cambriolage requiert l'absence des propriétaires, le vol demeure une blessure à la dignité morale ), faire de la prison pour l'insertion.

 

Et d'ailleurs, au Japon, un phénomène très répandu de délinquences du troisième âge qui est répandu. On peut vraisemblablement douter que ce ne soit pas pour faire passer le temps d'une retraite ennuyeuse ( mais pourquoi prendre à tout prix se « retirer », verbe qui a engendrer le mot retraite ? Peut-on aimer se mettre à l'écart si longtemps ? Passe-t-on donc passer sa vie professionnelle à couver une volonté de s'ennuyer jusqu'à la mort ? ). Et là surprise, ce qu'on reproche aux jeunes est également réprochable aux vieux. La pauvreté ne reconnaitrait donc pas d'âge comme frontière, et frapperait donc qui elle veut, dès qu'elle le peut.

 

II L'idée Mon expérience personnelle, est la suivante, et c'est une doléance dont je souhaite que le gouvernement de ce pays tienne compte : Révision des conditions d'attributions du Salaire Minimum d'Intérêt Commun. Après plusieurs années de difficultés, j'ai voulu tenter de me lancer comme apprenti magasinier. Sur deux expérience ( la deuxième étant infructueuse ), la 1ère a été rejeté à la condition suivante : Age dépassant 20-25 ans. Plus que jamais, lorsque quelqu'un souhaite travailler, il garde la possibilité de changer et refuser un travail douteux si l'employeur est malveillant. De même, l'employeur peut refouler un candidat de mauvaise volonté ou trop beau parleur pour être un bon travailleur. Mais ce que je ne pardonne jamais, c'est d'avoir été refusé pour un essai au motif de l'âge. Inscrire l'âge comme critère de répartition, c'est conduire les entreprises à réfuter toute insertion professionnel qui peut être tardive comme elle peut être précoce, ni l'une ni l'autre ne sont inéluctable, tout est une question de circonstance mais aussi de motivation. Ma motivation au travail de l'employé, et le plaisir d'embaucher un employé motivé, c'est ce à quoi doit tendre le smic. Je revendique également un smic selon : - La taille de l'entreprise : toute n'ont pas forcément les moyens suffisant pour payer un smic exhorbitant, et on ne ne va probablement pas travailler dans un bureau comme fonctionnaire. Une boite qui pait l'intégralité du smic signifie que c'est une grosse boite rentable qui toujours sûr de tout ce qui marche. A l'inverse, une boite qui n'est pas sûr si son activité va marcher longtemps ou si elle souhaite expérimenter quelque chose, n'embauchera pas. - Le métier exercé, le plus simple étant probablement le moins bien payé, mais néanmoins necéssaire pour l'entreprise. Il ne serait pas très sérieux que le coursier soit payé pareil qu'un manutentionnaire. Les inégalités salariales selon l'occupation sont inévitables, c'est normal de ne pas être necéssairement payé pareil. Si le smic ne mentionne aucun critère de sexe au nom de l'égalité, il doit en être de même pour l'âge. C'est une aberration de parquer le travail selon la classe social, elle instaure necéssairement un antagonisme jeune/vieux qui favorise les conflits. Et surtout, elle interdit l'accès à l'emploi à des classes d'âges entières. Le critère d'âge DOIT disparaître. Si des employés devait être augmentés, cela signifie que l'entreprise se porte, il suffit pas seulement d'une simple affirmation genre « Ils se font du fric ». Rien ne permet de savoir si, sur tout l'argent gégné, une partie repartira sur l'augmentation du salaire, ce qui suppose de la communication avec le syndicat, et une certaine transparence sur l'activité de l'entreprise ( et là, je veux bien admettre que mes connaissances en économie sont largement défaillantes ). On prend beaucoup de précautions pour le travail, mais uniquement côté employé, et côté employeur, il y a toute une cascade d'incompréhensions particulièrement grave. Mais les employeurs travaillent, eux-aussi, n'en déplaisent aux réactionnaires persuadés qu'il n'y a que les employés qui triment. Rappelons-nous que sans stratèges d'entreprise, l'avenir n'est rien, et le travail non plus. La déontologie de circonstance de travail paisible ne doit pas rendre paranoïaque; sinon, trouver du travail dépendra + du piston que de la motivation. Ne blâmons pas ceux qui usent du piston, mieux vaut ça que le chômage. En dernier, pour valoriser le travail, n'ayons pas honte du travail temporaire. Sans lui, pas de développement de la confiance entre employeur et employé, ni d'expérience professionnel. L'expérience du travail est indispensable pour motiver l'accès à une qualification : obtenir un diplôme seulement pour l'apparât sans savoir si le/les métiers liés interessent ou si c'est une ouverture, c'est se retrouver à repasser un autre diplôme, car le travail, de nos jours, exigent une préparation intellectuelle, que ce soit pour connaître la géographie des lieux comme pour connaître le comportement à adopter. Un travail bien fait ne peut pas se permettre d'être fait à la va-vite. Le travail temporaire permet à l'intérimaire de gagner un salaire et de l'expérience, tandis que l'entreprise n'est pas sous la pression d'accorder un CDI à tout prix sans être certains de la durée de son activité. Peut-être que de nouvelles entreprises pourraient recourir à ce procédé pour expérimenter leur activité. Faciliter l'accès à l'emploi, et la possibilité d'embauche sans que ce soit un acte de douleur pour l'employeur... Bon sang, faciliter à l'emploi en général : c'est pas normal qu'un fossé entre demandeur d'emploi et employeurs existe. Assez d'iniquité, il faut un compromis au lieu de faire des sacrifices et de la paranoïa à tout prix.

 

Ah, dernière chose, quelque soit la classe social, la seule possession de finances permet jamais d'affirmer si un individu a une place. L'argent permet beaucoup de choses, mais l'avenir en est une autre.

Partager cet article

Repost 0
Published by regard-existence - dans Ire et moquerie
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de regard-existence
  • Le blog de regard-existence
  • : Dans ce blog, je tenterai d'exprimer ce qui a attiré mon attention et aussi ce qui m'interpelle ou que j'estime necéssaire. Je témoignerai de tel ou telle expérience ou pensée, et même de ce qui m'amuse aussi.
  • Contact

Recherche