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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 17:13

Ah, la prudence ( j'aime écrire comme si je rédigeais un monologue ). La prudence rappelle la peur de perdre ce qui est important et de ne pas le gâcher.

 

J''ai plusieurs manières de manifester de la prudence :

 

- Le silence : je redoute de dire un mot en trop ( même quand il ne s'agit pas de grossièreté ).

- Ne rien faire en acte. Je crains de mal tomber, probablement parce que je suis le conseil premier de maman : "Ne parle pas à un inconnu" ( implicitement, ne jamais suivre ses paroles, et aller vers l'évitement ).

 

Peut-être que de nombreuses maladresses et des détresses personnels ont fait de moi d'abord un mec frustré, limite givré ( ou pire ). Ensuite, il a fallu faire la part des choses, et désacraliser certaines convictions afin qu'elles se dégage du piédestal appelé "utopie". Les convictions personnelles en lesquels je crois toujours ne doivent pas être idolâtrées ( donc figurer sur un piédestal ), mais néanmoins, il n'est pas question de les faire disparaitre, à moins qu'elles ne conviennent plus du tout à l'éthique ou qu'elle ne soit plus du tout réalistes. Je peux avoir besoin de temporiser, d'oublier ou d'étoffer ma conviction personnelles. L'essentiel est de ne pas être sectariste.

 

"Mais de quelles idées ou de quelles convictions il parle celui-là" dites-vous. N'ais-je pas dis que mon sujet est la prudence ? Si je fais part de ce que je crois le plus, je me ferais contacté et interpelé. Je peux raisonnablement craindre une empoignade personnelle ou un règlement de compte. Je préfère contacter plutôt que d'être contacter. De cette manière, on ne me force pas la confiance, et il me revient en contre partie d'engendrer chez l'autre une confiance que je ne dois pas abuser. La prudence, c'est aussi ne pas faire quelque chose qu'on est pas prêt ou que l'on a pas envie en soi-même de le faire.

 

Si quelqu'un me demande de m'amuser, on s'amuse pour le plaisir, non parce qu'on en a reçu l'ordre. Donc, je n'ai pas à me forcer m'amuser si on m'en donne l'ordre, un ordre n'est en principe jamais un plaisir. Si il n'y a pas de nécessité ni même de plaisir, il n'y a pas à répondre à la demande d'un individu. Le contraire signifierait s'abandonner à la cupidité de l'ego de l'autre. Et d'ailleurs, c'est faire acte de manque d'estime de soi que de toujours suivre ce que les autres demande, et celà revient également à démontrer une absence de jugeote. Il y a un moment où il est indispensable de savoir se montrer prudent. Indirectement, celà signifie manifester une certaine indépendance de l'esprit à l'égard des suggestions. Je me soucis de ne pas être pénétré par le dogme et autres suggestions purement émotionnelle, ou dont la logique est fermé. Là aussi, c'est la prudence qui se manifeste.

 

La prudence est mon bouclier contre l'émotionnel, elle est aussi mon bouclier contre les raisonnements fermés, les dogmes, les pensées toutes faites. Et même les meilleurs choses sont à considérer avec beaucoup de prudence, pour ne pas dire "modération". Je pense par exemple à "l'ouverture d'esprit", pour autant que la divergence de points de vue est nécessaire à la communication, tous les points de vue ne sont pas toujours honorable, surtout lorsqu'ils revêtent une optique vexatoire et/ou moribonde.

 

La prudence concerne également la réflexion intellectuelle. Sans elle, nous restons que sur ce que l'on sait déjà. Ca peut concerner une donnée scientifique ou simplement philosophique. Par exemple, une partie des littératures de science-fiction sont très sectaires, et se reposent sur des réflexions toute faites qui ne sont aucunement scientifique et encore moins philosophique; la place à la divergence d'opinion, la circonspection sont méprisés au bon vouloir de leurs auteurs qui se veulent prophètes ( des exemples me manquent cependant ). Pour ce qui concerne la "science", on en rigole gentiment des prédicateurs qui osèrent affirmer que la France serait un désert, ou une zone de tremblements de terres fréquents. La paranoïa n'est pas rationnelle, peu importe le degré de logique ou de cohérence qui la compose, puisqu'en fin de parcours, c'est le dogme qui prévaut. C'est d'ailleurs ce que font les sectes, bien que la paranoïa ne soit pas la seul arme à leur actif.

 

La prudence concerne aussi la politique. Combien d'individus se réclament de tel principe en parole, mais ne font rien ou font mal en acte ? Un électeur peut se méfier d'un individu trop compliqué, celà va de soi. Pour autant, un électeur ne se laissera pas séduire par un discours simpliste, à moins d'être un naïf, ou tout simplement un imprudent qui ne recherche pas le sens et la capacité de réalisation d'un individu. Mise en scène :

 

Journaliste : Qu'est-ce que vous envisagez pour les élections ?

Citoyen télévisé : Je voudrais une politique avec + de justice, + de social, + d'économie.

Journaliste : Et quels sont les moyens pour mettre en application vos revendications

Citoyen télévisé : Et bien, je vais augmenter le budget, ça va créér des emplois.

 

Vous remarquez ici que l'individu sous le feu de la critique ne ait aucun effort d'expliquer la mise en oeuvre exact de sa politique, tout au plus en met-il pour éluder la question par des coups d'éclats verbaux. Ses réponses passe-partout qui n'appellent pas à la critique. C'est ça la démagogie; on dit ce qui plait et avec un propos simpliste pour rafler les voix naïves qui se laissent dicter par leurs émotions. Même sans être des dictateurs en puissances, les démagogues ne sont pas moins irrespectueux de la pensée humaine extérieure à la leur. La prudence implique aussi de ne pas prendre tout ce que l'on dit pour argent comptant.

 

Enfin, il s'agit également pour tout le monde de savoir accepter la critique pour tempérer si necéssaire ses réflexions personnelles. N'être fait que de certitudes, c'est être un idéologue, un individu avec des idées bien précises qui ne prend peu ou pas en compte la réalité dans le but d'asservir d'autre à ses paroles. Les idéologues n'aiment pas les contre-arguments, et même devant le fait accomplis, les idéologues rivalisent d'efforts pour méconnaitre la réalité dans son ensemble. Les idéologues sont sectaires par nature.

 

La prudence, c'est se renseigner, se renseigner encore, douter, et ne jamais sauter à pieds joints dans la moindre suggestion. Prendre le temps de réfléchir, c'est éviter de regretter un choix fait trop vite. Céder à ses émotions, c'est cultiver une utopie qui, une désacralisée, devient tristesse. La prudence, c'est garder le contact avec la réalité, et montrer des égards pour autrui par le bénéfice du doute. L'accès au pouvoir contredit la notion de prudence, car + haut on se trouve au puvoir, et plus la réalité est lointaine, et pourtant nécessaire.

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Published by regard-existence - dans Réflexion personnelle
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