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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 21:38

Les anglophones connaissent le tu, mais ne s'en servent jamais, ou alors pour critiquer très sévèrement un autre individu avec beaucoup de condescendance, tel que "Thou must learn thy lessons !" ( "Tu dois apprendre tes leçons" ). Au moyen-âge, le tu, même français, revêtait déjà un ton très moralisateur. Le vous n'était utilisé que pour désigner un groupe de personnes.

 

Ce que je me demande, c'est pourquoi le tu est utilisé envers les enfants. Utiliser le tu envers quelqu'un que l'on connait, je peux encore comprendre, encore que je ne connais pas de famille instruisant le vous envers un étranger, et attendre un minimum que ce dernier utilise le vous.

 

Unilatéralement, des individus utilisent le tu à mon égard, tandis que je n'ai pas signifié le tutoiement. C'est le cas des collègues de travail. Je préfère encore le vous de distance. La première fois que j'ai eu droit au vouvoiement, j'étais dans une salle d'arcade, et je cherchais un peu de monnaie pour jouer dans le fond de ma poche. Là, un adolescent m'a proposé de jouer à une borne d'arcade multijoueur en utilisant le vous dans la phrase. J'ai beaucoup apprécié car j'ai eu l'impression d'avoir été respecté. Et c'est à 16 ans que j'ai enfin eut droit au vouvoiement. On me parle enfin sérieusement. Il y va de soi que j'ai utilisé moi-aussi le vous, car le vous est diplomate : il y a du respect mais aussi de la distance, personne ne s'empiète sur l'autre, rendant les remarques plus courtoises.

 

Je me sens enchanté du vouvoiement. Je m'en lasse uniquement si je pense qu'un lien spirituel suffisament solide avec un autre individu est construit.

 

Le tu me parait intrusif quand je ne connais pas quelqu'un en particulier. J'ai réellement l'impression de manquer de respect à quelqu'un quand je tutoie un inconnu. Et le tu m'offusque quand quelqu'un m'aborde alors même que je n'ai pas spécialement essayé de sympathiser. Le tu de la proximité ne me parait honnête que lorsque je connais *bien* l'interlocuteur. A l'instant où l'individu avec qui il n'y pas de sympathie s'avise de me tutoyer, celui-ci se disgrâcie et ne vaut pas la peine de poursuivre la conversation, le laissant volontiers à sa place, là où il se trouve.

 

Le vouvoiement reste une précaution sérieuse et importante selon moi. J'ai eu toute mon enfance et mon adolescence pour qu'on me tutoie alors même que je ne connais pas l'autre et vice-versa. Pour une fois que je peux faire respecter les formes de politesses qu'impose le vous, je ne me gêne pas. Si je rends le tutoiement, c'est autant par tolérance que par respect, car je me sens anvahi quand on me tutoie alors même que je n'ai même pas essayé la familiarité. Je tolère avec beaucoup de peine quand des collègues de travail me tutoie. A ma connaissance, je vouvoie toujours l'autre personne, quelque soit sa situation sociale, son âge, son apparence physique, son état de santé... c'est une question de respect de l'individu.

 

Le tu ne vaut que si moi et l'autre personne sommes sur la même longueur d'onde et que l'on se connait suffisamment bien.

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Published by regard-existence - dans Réflexion personnelle
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