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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 23:06

I : Les débuts

 

Mes souvenirs quand je n'étais pas une oppresseur sont lointains comme un rêve. Mes parents me stimulaient beaucoup. Je me souvenais que mon éducation familiale se faisait avec ma tutrice. Femme très constructive, sachant faire ressortir la performance sans aller jusqu'à l'exténuation. Je savais toujours avancer.

 

Les choses se sont obscurcis. C'est comme si j'étais trop faible pour savoir m'en tirer par moi-même, qu'on ne m'avait pas donner, en quelque sorte, d'armes ou d'armure pour tenir sans souffrir.

 

Les choses ont empiré quand je me suis aperçu que mes parents ne revenaient pas depuis longtemps. Beaucoup trop longtemps pour qu'il n'y ait pas de question à se poser. J'ai commencé à accuser le monde d'en être responsable. Absolument personne ne m'a aidé quand j'en avais le + besoin. L'intention était parfois là, mais le faire de l'intention n'était vraiment pas à la hauteur.

 

Avec la fortune suffisante qu'il me restait, j'ai alors payé mon instruction en magie. Je progressais vite, quoiqu'en présence de congénaires dispensables aux commentaires incessants à mon égards. J'ai arpenté longtemps les bibliothèques et leurs ouvrages variés. J'espèrait y trouver de quoi ramener mes parents à la vie. Mais ce qui est magie de la vie n'en est qu'à des balbutiements insignifiant par rapport à mes ambitions. Les soins des blessures existent. Contre les maladies variées, aussi. Mais rien sur quelque chose comme la résurrection. J'ai cependant lu qu'il existait des tentatives ratées, et que la nécromantie pouvait offrir un paliatif quoique peu satisfaisant. Alors, je me suis dis que si je ne pouvais pas encore ramener mes parents à la vie, je devrais peut-être d'abord passer par la nécromantie.

 

Un des livres que j'ai lu disait, selon son auteur (décédé depuis un long moment, et qui n'était pourtant pas magicien), que pour comprendre la vie, ou du moins certains éléments, il fallait une personne morte, et la disséquer. En l'occurence, l'auteur du livre achetait clandestinement des cadavres décédés et non-réclamés dans des villes où la peine de mort était pratiqué. Comme c'était choquant. Mais au nom de la compréhension, certaines frontières ont besoin d'être franchies, à moins de rester là où on en est, ne jamais trouver meilleure idée... Se condamner à l'expectative.

 

Mes finances étant diminuées, je me suis alors reconvertie comme guérisseur chez un apothicaire. Il avait testé mes talents et m'apprit le necéssaire à savoir sans faire de longueurs inutiles comme je le reproche en effet dans les études longues. Et qu'en fonction de mes résultats, + sur la qualité que la quantité, je serai payée en conséquence. J'étais suffisamment payée pour rester propriétaire de la maison de mes parents décédés comme pour payer tous ce qui est entretien et nourriture... Assez pour une vie décente, mais encore trop peu une fois encore par rapport à ce que je visais. Difficile de trouver mieux, cependant, et mon employeur comme la majorité des clients sont reconnaissants de mes services.

 

Comme les études n'apportent pas les connaissances les + "sensibles" d'autant + qu'elles coûtent de + en + lourdement, je les ais alors abandonnés, et ferai moi-même mes expériences en nécromantie. J'achèterai mon équipement. Je noterai mes expériences, les buts recherchés, les hypothèses, les résultats obtenus, pourquoi et comment existent-ils... De la recherche, en somme, mais en clandestinité; la nécromantie n'est pas interdite, mais mal appréciée de la société. Inutile de dire que sans un minimum d'entente avec le voisinage, ma réputation peut, de fait, m'interdire de travailler comme de faire du commerce. La réputation, cette loi sociologique fluctuante.

 

Je cherchais des formules, puis j'expérimentais mon sortilège sur des rats que je faisais tuer par mon assistant (car malgré ma fascination pour la mort, l'infliger entraine une responsabilité et une charge morale peu évidente à supporter). Lui et moi avons un point commun majeur : vouloir que quelqu'un revienne à la vie. Je l'ai connu à l'occasion de mon travail de guérisseur envers une personne en fin de vie à cause de blessures graves. C'est ensuite à l'occasion d'une discussion avec mon assistant que j'ai parlé de mon projet de résurrection (ayant réalisé trop tard que je risquerais la dénonciation, je m'en suis voulu). Avant de se présenter, mon assistant a perçu ma peur, mais m'a rassuré 3 fois :

 

  • En disant qu'il ne me dénoncera pas.

  • Qu'aucun pot de vin ne serait demandé, ni même un service démesuré de ma part.

  • Qu'il m'aiderait à mon sortilège.

 

Mon assistant, Vlad, cherchait à tout prix à ce que le projet marche, et me donnait quelque fois de l'argent, car lui-même a un travail, et son service à mes côtés est grâcieux. Par calcul pour qu'il n'y ait pas de rébellion de ses services plutôt que par générosité, je le laissais rester chez moi (selon son propos, ma maison est confortable, bien chauffée et bien éclairée, et ça lui économisait d'acheter une maison comme de payer un loyer). De mon côté, je lui ai rappelé qu'en tant que propriétaire, il a des règles à respecter qu'il me doit, règles qu'il n'a aucune difficulté à tenir compte de par sa reconnaissance comme le caractère non-abusif des règles que je lui demande de respecter quant à mon droit de propriété.

 

 

II : Expérimentations magiques

 

Continuant mes expériences durant mon temps libre sur des rats, certains étaient volontairement vieillis pour devenir des squelettes. D'autres étaient tués plutôt récemment. Grâce à cette variété de cadavres de rats et à mon sortilège expériemental de résurrection, j'avais une chance de savoir à quel point mon sortilège marchait, et s'il était perfectible. J'avoue avoir moins peur des squelettes que des cadavres inanimés. Ma peur de la mort devait être sélective.

 

Pour me débarasser de ma peur, j'ai alors lancé mon sortilège de résurrection sur un rat très récemment décédé. Mon sort avait marché, quoique pas autant que je le voulais, car les rat avait perdu beaucoup de réactivité, et répondait peu à mes stimulations, à peine + en présence de sa nourriture préféré. Et mon sortilège coûtait de mon énergie à entretenir.

 

J'ai alors obtenu le même résultat sur d'autres rats en divers états de décomposition. Une observation poussée avait montré que la blessure qui a tué n'était pas refermé, et il en allait de même quand les blessures étaient multiples, fatales ou non. Chaque rat était partiellement vivant, tandis que les blessures restaient pourtant ouvertes sans les tuer.

 

Quant aux rats déjà devenu squelettes, ils bougaient, eux-aussi. Mon sort de résurrection, comme je l'envisageais, n'avait pas donné les résultats espérés. J'ai même demandé à Vlad de tuer tous les rats, et quant j'avais lancé mon sortilège après leur mort, les rats n'étaient même plus animés. Mon sort était perfectible sur beaucoup de points. Il ne ramenait pas à la vie, tout compte fait.

 

Quand j'ai enfin obtenu les résultats que je voulais sur les rats, y compris un sort qui coûte peu à maintenir à défaut de ne rien me coûter, il me restait une question; est-ce que mon sort fonctionne sur un humain ? La question délicate consistait également à savoir comment avoir dans mon sous-sol un cadavre sur lequel faire cette expérimentation. Je ne peux pas m'engager sur la voie du meurtre envers qui que ce soit, des indices risqueraient de remonter jusqu'à moi même si je demandais à Vlad de s'en occuper (son idolâterie m'a toujours gênée par moment).

 

Durant 2 ans, j'ai perfectionné mon sortilège autant que possible, dans l'espoir d'obtenir la "véritable" résurrection, et en j'ai apprit d'autres sortilèges extérieurs à la nécromancie. Vlad restait avec moi malgré que j'avais peu besoin de ses services, et je ne me sens pas ni la patience ni la confiance d'en chercher un autre assistant si je devais le congédier à long terme, par peur qu'il m'abandonne.

 

Le temps passant m'a rappelé que le peu d'espoir que j'avais de retrouver mes parents risquerait de mourir avec moi. N'ayant rien perdu de ma détermination comme de ma volonté de ne pas céder au désespoir, j'ai alors, travaillé à un sortilège de conservation, notamment celui de la liche, 99% immortel, les 1% constituants une faiblesse qui peut très bien l'achever. De cette façon, je ne mourrais pas, ayant alors tous le temps possible et envisageable pour trouver des solutions au décès de mes parents, mais aussi à l'idée de ne plus être une liche moi-même. Oh, et, si mon sortilège me permettait de conserver mon apparence, ce serait bien aussi.

 

J'ai rien perdu en activité sur ces 2 années. Un soir, alors même que je n'avais pas envisagé d'abandonner, j'ai fais un rêve. Un rêve qui faisait suite à mon autre projet de devenir liche. C'était fabuleux. Rêver que je trouvais comment faire mon sortilège avait le double avantage de continuer à penser mon sortilège sans souffrir du manque de sommeil. Un rêve ne dure, parait-il, que quelques secondes, tandis que j'avais l'impression de rêver pendant longtemps. J'avais trouvé exactement ce que je devais faire pour devenir une liche, comment faire le sortilège, quels effects il aurait sur moi. Je me suis même comme "souvenu" que mon sortilège me donnait l'immunité aux blessures physiques, magiques, aux maladies... C'est comme si je ne pouvais pas être tué. Immunisé contre le destin. Et mon point faible, quel serait-il ? Je l'ignore. Mes insctincts semblaient me dire que mon sortilège était bien fait.

 

A la fin de ce rêve, j'ai alors tout noté, tout retranscrit. Mais ce sortilège conférant une immortalité sur de nombreux points, l'expérimenter est particulièrement délicat. Je peux me retrouver à tenter quelqu'un d'abuser de son immortalité. La nature humaine n'étant jamais parfaite comme je l'ai appris à mes dépends à de multiples reprises, même les personnes dotés de grande bonté pourraient bien en être tentées.

 

 

III : Ambition grandissante

 

Après ces 2 années intenses, j'ai entendu parler d'une nouvelle. 2 pays dont le mien iraient en guerre. Une guerre, quelle aubaine ! Les décédés pourraient me servir de cobaye. Et si mon sortilège de résurrection fonctionne, il vaudrait mieux que ce ne soit un cadavre ennemi ramené à la maison, car il ne serait probablement pas reconnaissant ! Mon assistant étant trop utile en étant parfaitement vivant, et mon statut de guérisseur le permettant, je rédigeai alors une contre-indication au combat en faisant passer mon assistant comme ayant un handicap (en tant que guérisseur très respectée quelque soit l'individu, et y compris par les + détestables d'entre eux, ma décision serait hautement respectée. J'ai donc pu confortablement mentir sans prendre de risque).

 

Mes petits rats serviteurs moins utiles me serviraient encore à quelque chose; espionner à travers la ville. Je les ais alors réanimés, car ma capacité à régénérer la magie ainsi que ma réserve étaient nettement supérieur à ce que coûte mon sortilège de réanimation.

 

Avec un autre sortilège, j'ai alors dispersé les rats à travers la ville sans qu'ils aillent en groupe, et avec le + de discrétion possible. Voyant ce qu'ils voient, entendant ce qu'ils entendent, et même ressentant ce qu'ils touchent. Ma tactique était de voir qui ne voulait pas aller à la guerre (car le pays, plutôt que d'être en contrat avec des mercenaires pour pallier le manque d'effectif militaire, recourait à la conscription militaire en dépit des mutineries et des critiques qu'elle engendrait aux dépends de la population).

 

En tant que guérisseur, mes services sont + demandés que d'habitude, et je ne peux pas être conscrit, car je risquerais d'être tué (remarque cynique par rapport aux conscrits prisonniers et non-motivés de leur devoir, je le reconnais); un guérisseur mort ne leur servirait à rien, et vivant, les soldats passeraient + de temps à protéger qu'à aller guerroyer.

 

Ah, mais si je ramenais à la vie (ou presque) ces gens qui n'étaient ni motivés ni consentants à faire la guerre, eux comme leur familles, amis et autres proches relations seraient volontier reconnaissants.

 

Et avec un peu de créativité, j'emploirais ma "résurrection" envers les décédés de l'armée ennemie pour qu'ils combattent les vivants de l'armée ennemie, jusqu'à les conduire à arrêter le combat, sachant que je peux avoir une armée illimitée et dissuasive à mon service. Et côté amie, une partie non négligeable de la population se révolterait et demanderait à ce que le roi soit déchue.

 

Côté amie comme côté ennemie, qu'il y ait 2 perdants calmerait les vélléités de vengeance et de jalousie, chaque pays ayant le choix entre rester là où il en est, ou refaire la vie sur de meilleures bases, la guerre étant hors de question (à moins que j'ai un gros besoin de personnel, et encore, mon personnel qui décède peut être réanimé autant de fois que je le souhaite).

 

Prendre le pouvoir me ferait définitivement gagner tous l'argent dont j'ai besoin. Par prudence de ne pas attirer l'attention, je ne créerais pas de loi contre la nécromancie; toutefois, je la pratiquerai en secret, et en même temps, je me ferai bien voir de la population.

 

La guerre entre les 2 pays éclata enfin. Consignée en service minimum pour les soins militaires, je ne pouvais pas m'absenter, mais en tant que guérisseur, beaucoup comptaient sur moi par respect envers mes compétences. J'étais devenue provisoirement responsable de la salle de soin qui m'était allouée, laquelle avait un simple miroir. Dessus, je jeta alors 2 sortilèges; un d'oeil du mage pour m'en servit pour voir ce que voyait un des soldats sans intervenir, et une illusion, afin que moi seule puisse voir dans le miroir sans que quelqu'un d'autre ait une chance de voir ce que je fais. La discrétion m'est si utile.

 

Tout se déroulait comme mon plan le prévoyait. Ma concentration améliorée me permettait de faire plusieurs tâches à la fois, à la fois donc soigner et voir ce qui se passait, toutefois en ayant la précaution de ne pas trop regarder le miroir durant ma tâche (mon patient risque de voir en moi un narcissique, et même sans comprendre mes buts, la suspicion me causerait préjudice).

 

 

IV : Un échec retentissant

 

Les blessés graves s'accumulaient. Beaucoup décédaient, car les services de soins étaient trop débordés pour s'occuper de tous le monde. Certains de mes patients mourant malgré tous mes efforts disaient qu'ils "auraient aimé vivre + longtemps". Ma bonté coïncide avec mes plans d'expérimentation de la résurrection expérimentale. Que ton voeu soit presque réalisé, cher patient.

 

Après l'hécatombe, une trève fut déclarée, laissant une chance aux diplomates de chaque pays de trouver un accord et des modalités acceptables pour que tous puissent ressortir un tant soit peu gagnant (chose rare, et certains pays qui veulent donner une chance à la paix ont tendance à accepter certaines pertes assez importantes plutôt que de s'affirmer par voie diplomatique ou de reprendre les combats). Aussi, j'en profitais pour regrouper mes rats à mon sous-sol, puis de couper les sorts d'oeil du mage ainsi que la réanimation des morts, n'ayant pas pour l'instant plus besoin d'eux.

 

De mon côté, quand la tempête s'est calmée, une proposition royale demandait à ce que des gens se dévouent pour s'occuper des déclarations de décès, contacter proches s'il y en a (ça n'arrange pas mes affaires qu'il y ait beaucoup de corps réclamés, mais toujours par souci d'entente, ma qualité de travail doit resté au rendez-vous)... A la suprise générale comme de la mienne, nous étions peu nombreux à avoir accepté.

 

S'ensuivit un long travail pénible d'avoir à supporter la tristesse d'annoncer la nouvelle. La tristesse. La même que j'ai connu quand mes parents ne sont jamais revenus. Les premières fois, j'ai comme "oublié" de réanimer les décédés, et les faire passer pour "vivant". J'ignorais pourquoi. Et puis, une étincelle d'observation m'est venue; réanimer les morts alors que les proches s'y sont fait reviendrait à les choquer, et il y aurait une enquête sur la nécromancie, et poserait des problèmes quant aux personnes "(mort) vivantes" dont le décès a pourtant été déclaré. Ajouté à celà que mon sort de résurrection est incomplet, et ne donnerait pas de satisfaction. Les risques n'en valaient pas la chandelle, et je m'en suis donc tenu à mes talents de guérisseur.

 

Vient la partie où des corps n'ont pas du tout été réclamés. Il m'appartient, pour une partie des décédés non réclamés, de les incinérer dans un batiment, loin de la ville comme de la zone de combat. Je me suis attelé à ma tâche. Avec l'aide de Vlad que j'ai fais venir avec un sort d'invisibilité et de silence (pour qu'il n'y ait aucun bruit) avec une carriole large et couverte (un sortilège de téléportation, vu son coût, ne doit me servir qu'en dernier recours, et je dois faire attention à mes réserves de magie, même si je peux les régénérer par l'attente, le sommeil ou par une potion). Son travail étant d'y mettre un maximum de cadavres en meilleur état possible malgré le décès.

 

Le reste de cadavres en surplus qui n'a pas pu être chargé a alors joué un rôle de leurre. De cette façon, j'ai pu incinérer chaque cadavre, me donnant ainsi l'aplomb suffisant pour dire que j'ai fais mon travail.

 

Vlad, mon fidèle serviteur est alors revenu à mon domicile, avec la mission une fois encore de tout décharger à mon sous-sol en mettant chaque corps côte-à-côte.

 

De mon côté, j'ai été libérée de mon obligation, et suis donc remise en service auprès de mon employeur, l'apothicaire. Quelle sensation désagréable d'être redescendue. Mais la tranquilité ne pourra que m'aider. Si seulement mon employeur m'annonçait 2 bonne nouvelles; qu'il va bientôt mourir et que j'hériterai de sa boutique, afin que j'engage des employés qui bosseront à ma place.

 

 

V : Le chantage

 

1 mois après la trève, je reçu un courrier fermé d'un sceau. Ne recevant jamais tel courrier, je demanda à mon serviteur de l'ouvrir (j'abuse, mais il m'admire beaucoup, alors il peut bien accepter une entorse de ma part. Je l'ai déjà protégé du service militaire, alors il m'en doit une). Ce courrier disait : "Je connais tes habitudes. Tu ne te caches pas si bien que ça. J'ai besoin de tes services, et tu ne dois pas me trahir. Pas d'entourloupes, ou tes secrets seront révélés. Attends nos instructions, nous savons comment te contacter" De quel secrets parle le courrier ? De mes expérimentations en sous-sol ? Des cadavres détournés ? Mes sortilèges magiques ayant été repérés ? De mes rats ? Ai-je commis un indiscrétion envers 1 de mes patients ?

 

Toutes ces questions impossibles. Je me sentais comme un débutant. Et la panique qui me guette. Il y a une solution pour que les indiscrets se taisent définitivement... Un coup de force me porterait cependant préjudice. Autant faire comme si chaque jour était comme un autre.

 

Un de mes patients avait l'air agréable... Trop agréable. Il me paya pour des soins : "Il y a de l'argent en trop par rapport aux soins effectués. Je dois vous rembourser", lui dis-je.

Patient : Ce n'est rien. Vous êtes très douée en guérison.

Moi : C'est vrai que je suis rarement gratifiée. Je vais accepter, en fin de compte.

Patient : Prenez aussi ce courrier. Une admiratrice vous apprécie beaucoup. Veuillez le lire en privé, s'il vous plait.

Moi : Bien sûr. Je sais garder un secret.

Patient : Moi aussi.

Moi : Je vous souhaite une très bonne journée."

 

Je n'étais pas sincère. La discussion n'était que patience difficile et politesse profondément hypocrite. Je ne croyais pas non plus à cette histoire d'admiratrice. Comme j'avais envie d'emmener le messager chez moi, pour qu'on ait une discussion ensemble. Je sais faire parler n'importe qui si celà est necéssaire; une volonté forte n'y ferait nullement obstacle. Comme j'avais envie aussi de tuer le messager. Mais sa mort, ou du moins son absence persistante, serait interprétée comme un danger par ma supposée admiratrice, et j'ai tout à craindre d'un engrenage de représailles.

 

Chez moi, mais néanmoins en présence de mon homme de confiance, j'ouvris le courrier, et le lu à haute voix :

 

"Très cher guérisseur. Je sais que vous avez du potentiel. Il n'est pas normal que des gens, même sans vie, disparaissent. Comment réagirait-on si celà venait à se savoir ? Nous ne sommes pas ingrats, voire même généreux. Encore faut-il que nous sachions ce que vous savez, et en échange, personne ne saura ce que nous savons de vous. L'opinion publique est très sensible, par moment. Allez à la 4ème rue du port la nuit du 2ème jour. Vous aurez + d'instruction".

 

J'ai alors donné mission à Vlad d'espionner et regarder les lieux mais ne pas intervenir, et lui proposa de l'argent (il me pait d'habitude, mais vu la dangerosité de la mission, c'est lui qui sera payé en + de son travail qu'il a déjà). Il accepta. Je lui lança un sort d'invisibilité et de silence, puis lui dis d'aller enquêter pour environ 1 heure, et s'il a finit, qu'il ait trouvé quelque chose ou non, de se reposer. Il aurait à faire cette mission 2 fois; 1 fois cette nuit, et une fois la nuit suivante, soir de ma rencontre inquiétante.

 

2 jours passés à être tendue. Ils savent que je cache quelque chose. Ils n'ont vu que la surface des choses, pas le fond. Tirer sur la corde de la chance me serait préjudiciable. Et si je conjurais un clône (similaire au moi original) plutôt qu'une illusion ? Mais est-ce qu'ils ont des magiciens qui repèreraient le subterfuge ? Trop de doutes. Je viendrai de mon propre chef, c'est préférable. Et puis, ils ne réussiront pas à me tuer, car j'ai une surprise.

 

J'interromps alors mon assistant. Je lui demandai si je pouvais dépenser de la magie avec sa propre réserve, s'il voulait bien me donner sa permission. Il accepta sans contre-parti, n'étant pas lui-même magicien.

 

 

VI : Changement

 

Je partai au rendez-vous. Au moment où je m'y rendis, une porte s'ouvrit automatiquement. On m'observait. Après une discussion tendue, on m'obligea à venir dans une ville du pays encore ennemi mais provisoirement pas en guerre avec le mien. Je pensais de + en + fort à faire faux-bond à mes ennemis, et à quel moment je le ferais. J'étais pris au piège, mais pas sans espoir.

 

Ils allaient me torturer mais je lança mon sortilège de la liche en me servant la réserve de magie de mon assistant afin de ne pas être à court moi-même. J'ai intériorisé les effets de mon sortilège pour qu'il passe inaperçu. + tard, tous m'allongeaient sur la table, et au lieu d'avoir peur, j'étais étrangement serein. Ils m'ont torturée. Je ne me moquais pas d'eux, tentant toutefois de leur mentir en disant que ces corps disparus ne sont pas exactement de ma responsabilité. Ca ne marchait pas. Ils m'ont torturée encore. Ca ne marchait pas. Ils étaient en colère. Jamais ils n'ont su quoique ce soi de moi. Mais j'avais encore à craindre de leur menace. Je ne sentais rien. J'avais pas mal. Je pensais que je souffrirais durement, et ce n'est jamais arrivé. La liche que je suis devenue, tout en ayant gardée mon apparence, n'avait pas mal. Aucune insulte ne me faisait mal. Aucune douleur ne me faisait craquer. Puis, la colère m'a animée et je me suis libérée. Je ne sentais pas la douleur physique, mais l'humiliation m'ennuyait au + haut point.

 

Mes mains se chargeaient d'une force vampirisante. Et toute opposition attaquante mais aussi celles qui fuyaient de peur devaient trépasser; pas de témoins. La vie vampirisée de mes ennemis réparait mes blessures corporelles. Tant mieux, car quelque chose d'artificielle aurait été trop visible. Je me suis découverte à la fois meilleur magicienne et bien meilleur guerrière en étant devenu liche, car je ne suis pas un très bon combattant à la base. J'ai aussi découvert que le lieux où je me trouvais connaissait un silence de mort après ma performance. Mes scrupules à ôter la vie ont disparu. Je n'avais pas honte. Mes oppresseurs avaient tout fait pour raccourcir leur longévité dans la douleur.

 

Mais qu'allait devenir mon secret ? Quelqu'un allait-il le révéler ? J'ai alors eut une idée. J'ai réanimé les cadavres que j'ai tué, sans trop chercher à connaitre les effets, afin de faire un minimum d'illusion à mes ennemis. Leur faire croire que tous va bien, mais que la prisonnière s'est échappée. Plutôt ça que de laisser des traces de mes tous nouveaux talents. J'ai alors commandé à mon groupe de zombie agents doubles en nettoyeur, puis de faire comme si tout était normal.

 

+ tard, je couru tout en me rendant invisible. Longtemps. Il y avait toujours cette possibilité de me téléporter. Je l'avais oublié, gênée par la peur. Je contactai mon assistant, lui demandant d'inspecter les alentours du palais, s'il voyait un messager passer. Je couru longtemps jusqu'à ma ville, et aussi surprenant que ça paraisse, je n'ai pas été une seule fois mort d'épuisement. Mes jambes fonctionnaient sans souffrir ni faillir.

 

 

VII : Représaille et ambition

 

Rentrée chez moi, un autre courrier attendait. Je demanda en urgence à Vlad de revenir. Je le fais de + en + participer à mes opérations. Peut-être se sent-il mieux considéré ? Je lu le courrier en sa présence. "Je vous avais avertis. Maintenant, la cour est au courant que tous les cadavres n'ont pas été brulés".

 

Je n'ai pas dis mon dernier mot. J'ai alors demandé à Vlad de redéplacer mes cadavres dans la carriole, et de les cacher ainsi que lui-même loin d'ici. Les cendres ayant été dispersés depuis un moment, comment pourrait-on déterminer que je suis coupable ? Mes états de service comme mon professionalisme répété n'ont qu'1 faille, et c'est quand j'ai ouvertement protégé Vlad de la conscription.

 

Après une enquête, il a été prouvé que j'avais fais correctement mon travail, et qu'il n'y avait aucune trace des cadavres disparus avant l'incinération, et que mes états de services ont été effectués avec sérieux. Quelle clairvoyance d'avoir caché mes cadavres !

 

Ils m'ont raté. Bien fait pour eux. Mais si leur chantage n'a pas marché, ils iront peut-être + franchement par rapport à ce que je n'ai pas dis, et résister à une torture sans rien avouer n'est pas chose courante. Ils viendront me trouver. Et une fois encore, ils ne savent pas à qui ils ont affaire, et c'est moi qui ait une surprise pour eux.

 

En attendant, je vais expérimenter mon sort sur mes cadavres. D'après ce que j'ai vu, ainsi que mon sortilège d'animation des morts améliorés (je ne pourrai pas parler de résurrection tant qu'il n'y aura pas de progrès substantiels), les cadavres "ranimés" sont capables d'une autonomie limitée. Ils n'apprennent pas de nouvelle choses, de nouvelles idées. C'est comme si la croissance intellectuelle était stoppée. Ainsi, un mort-vivant qui n'a appris que peu de choses durant sa vie antérieur ne peut jamais améliorer ses performances intellectuelles. Mais elles ne diminuent pas non plus. Physiquement, ils sont aptes, une fois encore en fonction des mouvements qu'ils connaissent. Un mort-vivant dont l'agilité est faible ne peut pas progresser par l'exercice.

 

Chaque cadavre réanimé a un peu de volonté de montrer de la reconnaissance pour me dire qu'ils appréciaient d'avoir été "ramené à la vie", bien que ce ne soit pas exactement ça, et je finis par leur expliquer. Inutile de dire que ceux qui sont étrangers aux notions de magie n'ont aucune chance de comprendre ce qui se passe. Cependant, j'ai maintenant ma propre garde à domicile. Et je n'oublie pas les autres gardes que j'ai sous mes ordres, et qui agiront quand ce sera le moment.

 

La trève terminée, et les 2 pays se querellant encore, une nouvelle guerre éclata. Une nouvelle guerre qui sonnerait un avènement particulier. Le mien. Quand la nouvelle guerre éclata, je notais que les gardes qui avaient participés à mon enlèvement et où ma torture était présents. Or, ayant été réanimés par nécromancie, ils m'appartiennent. Peut-être que mon ennemi, dont je ne connaissais pas l'identité, serait au combat ?

 

Une fois encore, mes services étaient consignés. Cependant, il n'y aurait peut-être pas autant d'injustice. Au moment où le combat a commencé, j'ai commandé à mes morts-vivants du camp adverses d'attaquer l'armée ennemie à laquelle ils faisaient partie. Ah, la tête qu'ils devaient faire ! S'ensuivit une série de meurtres fractricides. Et + les morts se multipliaient, + j'agrandissais mon armée dans le camp adverse. L'armée du pays duquel je faisais partie avait finit par interrompre son attaque, incertaine de ce qui se passait; si les gens de l'armée ennemie se tuent entre eux, pourquoi l'armée adverse interviendrait ? Désarroi des uns, confusion des autres. L'armée ennemie batta en retraite, tandis que l'armée amie rentra chez elle. Une méfiance dans l'armée amie se répandit; "et si on avait nous-mêmes des traitres ?", disait la rumeur publique. La joie de la défaite de l'armée ennemie fut très mesurée et de très courte durée.

 

A la fin du combat, je manipulais mes marionnettes ennemies afin qu'elles soient cachées, interrompant le sortilèges quand j'en avais pas besoin, et par souci de ne pas entâmer durement mes réserves magiques. La rumeur n'aura qu'à croire à des traitres en vacances, profitant de richesses mal acquises.

 

J'étais galvanisée de ma nouvelle puissance en tant que liche. Comme la guerre était courte. Des 2 côtés, des rumeurs de traitres existaient. Chaque pays accusait l'autre d'avoir acheté des traitres, et tous les 2 démentaient les accusations. Impossible toutefois de se faire la guerre à nouveau; l'armée du pays ami a très peur que ce soit son tour de connaitre des "trahisons" massives, tandis que le pays ennemie est, par dure sagesse de l'échec cuisant, incitée à ne pas se venger.

 

Cette fois, la pression publique durcissait le ton envers les diplomates, leur sommant de trouver une solution, quelque soit les demandes des gouvernants pour lesquels ils travaillent. Une partie non négligeable des gens de chaque pays était en colère, ne croyant pas aux efforts des diplomates, et excédés des pressions multiples, des pertes, des morts multiples... Marre du désespoir.

 

Une révolte avait lieu. Toute personne volontaire devait passer pour galvaniser la révolte, et peut-être séduire les pouvoirs publics excédés de roi querelleurs, stupides et maladroits.

 

En public, et appuyé par le crédit de ma réputation, je me suis découvert comme étant une oratrice sérieuse, avec de bons arguments et sans fausses notes. Pas de flagorneries. Je leur ait dis que le roi de notre pays n'y connaissait rien à nos affaires, et que plusieurs fois, ils nous ont piégés. Que nous devions beaucoup à la chance qu'il y ait de mystérieux traitres ennemis pour abréger la guerre (oui, j'ai osé mentir, car c'est moi qui en suis le responsable alors même que mon intervention a aidé le pays d'où je suis). Ils me voyaient comme sage. Certains me rêvaient comme étant une reine forte.

 

Je suis alors passée à l'action. Chaque mort-vivant à ma botte revenait en cachette. Mon assistant fut à nouveau congédié, tous en gardant le droit d'habiter chez moi, et continuant de me fournir le peu de fonds qu'il pouvait se séparer, lui souhaitant toujours que je réussisse le sortilège de résurrection tandis que j'ai un peu abandonné. Je ne lui ai rien avouer. Lui qui a au moins un point commun avec moi.

 

Une semaine après des tensions, une partie non négligeable du royaume dont je serai à la tête voulait que le roi abandonne sa couronne. Alors, une nuit, je commanda à mes morts-vivants d'assassiner chaque garde, dans le + grand silence. Puis, par ma volonté chaque garde décédé revenait ensuite sous mes ordres. De par l'apparence de faire partie du personnel du château, les asssassinats devinrent + faciles. Je suis allée jusqu'à faire tuer le roi, puis le ramener comme mort-vivant à mon service, afin de lui extorquer sa volonté d'abandonner la couronne, et de me la transmettre.

 

J'avais de moins en moins de plaisir à respecter les règles que le royaume n'avait que peu de scrupules à nuire. Je faisais de moins en moins dans la finesse. Sans doute avais-je perdu mon humanité quand j'ai été enlevée puis devenue liche.

 

Mais je les avais eu. Tous. J'étais leur reine. Ils m'admirent et j'avais leur respect en tant que soignante reconnue et respectée de beaucoup. Les rangs de ma propre armée de morts-vivants grandissaient et coexistaient avec les vivants sans pour autant que les morts-vivants soient montrés. Combien de fois ais-je dû lancer et entretenir des sortilèges d'illusion pour que mon armée de morts-vivants ne soit pas craintes ?

 

 

VIII : Pouvoir et vie parallèle

 

Sous mon règne, la paix fut très facilement signée, car chaque monarque avait participé aux négociations, signe solide qu'il était parfaitement possible de parvenir à un accord. Et en tant que reine très appréciée, ne serait-ce que dans la ville où j'ai fais ma vie, qui pourrait m'assassiner, ou même simplement me salir ? Les assaillants, qui auparavant me menaçaient, ne se sont pas manifestés; l'appréciation publique comme celle de la garde royale est une merveilleuse protection contre les indésirables.

 

Une des seules craintes de suspicion qui restait; ma longévité. Le peuple souhaite que son monarque, reine ou roi, vive longtemps même si au fond, ils savent qu'il peut en être autrement avec la réalité. Réalité que j'ai modifié à mon profit, car en tant que liche, ma longévité ne peut pas expirer, et même mon apparence peut être maintenue.

 

J'étais une reine liche. Coexistant parfaitement dans le pays où je me trouve. Le pays plus du tout ennemi est toutefois surveillé par mes espions. Mon prédécesseur avait perdu une énorme guerre, n'avait pas gagné la 2ème guerre (l'ennemi ayant déclaré forfait à cause de ses propres rangs dont j'en manipulais une partie), et renoncé au trône sans le vouloir. Si 3ème guerre il y a, je la gagnerais sans difficulté. Sans un seul décès, du moins pour mon royaume. Et le souvenir de l'humiliation de l'échec est si puissant qu'il sait faire réfléchir sur l'intérêt et l'opportunité d'un conflit, gouffre humain et financier.

 

Je fis ensuite construire une guilde secrète de magicien. Leur mission est de suivre mes ordres. Trouver, chercher, créer de nouveaux sortilèges... De toutes sortes. Mon seul esprit ne peut pas tout trouver. J'ai comme la confirmation que la recherche sur la nécromancie est une étape avant de trouver un sortilège de résurrection. Les nécromanciens franchissent mieux certaines barrières que les moralisateurs bornés ne veulent jamais franchir. Ce sont des chercheurs fiables, audacieux et sachant garder le silence sur les recherches fortement déconseillées.

 

Au fil du temps, et avec beaucoup de pénibilité, j'avais trouvé des magiciens chercheurs prolifiques et ambitieux. Certains nécromanciens avaient même d'autres spécialités, comme la magie élémentaire, ou la magie de la nature. J'étais fière d'eux. Après tout, j'ai moi-même des connaissances en magie de soin tout en étant nécromancien.

 

Chaque nécromancien dont la longévité avait expiré était ranimé en mort-vivant, et comme ils avaient leur propre capacité de régénération de magie ainsi que leur propre réserve, je pouvais lancer le sort en me servant de leur réserve comme de leur régénération. De cette façon, je contournais le problème du coût des sorts que je lançais, la gratuité de mon lancement comme l'entretien de sort étant le + souvent à la charge de mes nécromanciens morts-vivants. Même pas besoin de les payer puisque décédés ! Bien sûr, en tant que morts-vivants, ils ne peuvent pas apprendre de nouvelles choses.

 

 

IX : Longue vie

 

Vlad avait une crainte; qu'il disparaisse de ce monde sans ramener à la vie la personne qu'il appréciait beaucoup. Prendre de l'âge n'aurait pas été une crainte si son rêve s'était réalisé très tôt. Je ne pouvais pas ignorer la tristesse potentielle qui se manifesterait. Il existe en effet des personnes âgées qui regrettent d'avoir oublié d'agir ou qui ont commis des erreurs qu'ils auraient pû éviter des années + tôt. Dureté des conséquences de l'erreur avec lesquels il faut vivre. Mais pour moi, j'ai une idée pour mon assistant dévoué.

 

Pour lui, et à titre exceptionnel, j'ai missionné certains de mes nécromanciens pour qu'ils trouvent une solution. L'un d'eux découvrit que la meilleure option était de cryogéniser partiellement Vlad; de cette façon, il pourrait se mouvoir sans vieillir, mais ses réactions, à cause du froid, seraient ralentis. Je préfère encore ça que de jeter mon sortilège de liche car je crains la concurrence, et là où mes capacités de combattante étaient faibles quand j'étais vivante, lui est un gaillard assez fort, et devenir une liche le rendrait alors physiquement bien + fort que moi.

 

Alors, pour préserver Vlad du vieillissement sans qu'il soit empêché de bouger comme dans un cercueil de conservation, une armure magique de cryogénie a alors été forgée et enchantée pour lui, et lui seul.

 

Au court de + de 100 ans d'existence, j'ai dû m'arranger pour faire croire que j'étais la successeure plutôt qu'une reine à la longévité trop étonnante pour la société. Ainsi, chaque 50 ans, je "prenais ma retraite" en me maquillant le visage pour faire semblant d'être proche de la mort, tout en recourant à des cadavres modifiés pour mes enterrements. Sur 200 ans en tout, je me faisais passer pour la 3ème successeure, alors qu'en réalité, je suis toujours la même personne.

 

Fausses morts et fausses successions garantissaient à ce que je reste au trône. J'ai même dû placer certains gardes à la "retraite", ceux étant morts-vivants, afin de cacher mes traces. J'ai même fait disparaitre les soldats ennemis de la 2ème guerre, car les garder dans les parages n'était plus necéssaire. Ca m'a enfin permit d'économiser de la magie. Je n'avais gardé que les décédés que j'avais tenté d'aider. J'avais alterné entre conflits et tranquilité, mais ces 200 ans étaient marqués par la tranquilité.

 

 

X : Aboutissement

 

100 autres années + tard, un moment magique avait fait renaitre l'espoir chez moi. Comme chez Vlad, resté loin du pouvoir et proche de la réalité. Mes nécromanciens, morts-vivants comme vivants, ont tenté des expériences archéologiques. Dans un lieu. Ce lieu s'appelait, d'après mes magiciens ébahis, la "Cité des Merveilles".

 

Ils avaient trouvés des parchemins. Ces parchemins, d'après leur traduction, contenaient les techniques d'existences possibles qui sont les suivantes : la réincarnation, l'incarnation et la résurrection.

 

La 1ère technique, la réincarnation, c'est quand un individu décède dans une vie antérieure, puis renait dans une autre vie et parfois sous une autre forme radicalement différente, que ce soit un végétal, un crystal, une roche, un arbre, un être de chair et de sang... Certains aspects de lui-même sont conservés dans sa nouvelle existence, d'autres aspects de l'individu sont directement améliorés dans la nouvelle existence, tandis que d'autres sont oubliées de la vie antérieure. J'imagine un pollueur réincarné en arbre pour qu'il contribue à nettoyer la pollution, ou un soigneur réincarné en plante. Je me sens légèrement druidique, en fait.

 

La 2ème technique, l'incarnation, le passage d'une conscience d'un corps à un autre sans retour en arrière possible. Chacun n'a qu'un seul esprit. Certes, il est possible de s'approprier, par un sort de possession, le corps d'une autre personne et de le vivre, mais cette vie parallèle n'est aucunement permanente contrairement à l'incarnation et la réincarnation; le corps hôte qui décède ne tue pas l'esprit qui s'en est emparé ou même qui ne faisait que regarder. L'incarnation, elle, permet de faire passer l'esprit d'un corps à un autre, mais le précédent corps ne peut plus être habité.

 

Très pratique si l'esprit d'un corps en fin de vie souhaite être incarné dans un autre corps + robuste, donc continuer à vivre + longtemps. La 2ème technique parle même de l'hypothèse de coexister avec l'esprit déjà existant dans un autre corps... Un peu comme avoir son père ou sa mère dans son esprit. L'incarnation se fait sans perte de savoirs ou de capacités, mais au niveau physique, l'esprit doit appréhender le corps nouveau. Ainsi, un acrobate ou une chirurgienne ne seraient pas à leur aise dans un autre corps peu grâcieux qu'il faudra peut-être travailler.

 

La 3ème technique, la résurrection. Le décédé revient à la vie. S'il a été mort des suites d'une blessure grave, non seulement la blessure est guérie, mais en +, l'individu, selon les moyens que son corps avait déjà avant le décès, revient au maximum de sa forme. Selon mes magiciens, la résurrection ne guérit pas des maladies ni du poison. Et bien, voilà un projet pour mes magiciens ! Perfectionner le sortilège, l'adopter. Si seulement je pouvais maitriser les connaissances en résurrection comme le retour dans le temps de plus de 300 ans, car la réadaptation de décédés d'il y a longtemps serait peut-être trop difficile.

 

Cependant, certaines personnes estiment, selon leur jugement, avoir fait le tour de la vie, et certaines personnes souhaitent ne pas continuer de vivre particulièrement longtemps. La résurrection serait peut-être idéale pour une mère morte trop tôt qui manque à son enfant, et que celui-ci ne devienne pas un adulte amer, voire particulièrement négatif. Quel délicieuse douceur de justice ce serait de réssuciter un individu.

 

Quelle immense joie nous ressentions tous ! Mes magiciens me confiaient même qu'ils avaient trouvé un trou noir spécial dont la particularité était de régénérer de la magie de façon très rapide !

 

Ces parchemins n'étaient que des idées de continuité de la vie, donc pas des sortilèges, mais les travaux avaient particulièrement bien avancé. La guilde des magiciens qui travaillaient pour moi continuait de travailler dans le secret, craignant un abus de la nature humaine des ces précieuses connaissances.

 

Nos travaux avançaient. Aussi ai-je décidé que la guilde des magiciens s'établirait dans la Cité des Merveilles. Non seulement parce que ça éviterait à mes magiciens le déplacement, mais surtout, cette caverne surmontée d'une tour et d'une montagne était idéale pour être cachée des zones d'urbanisation en + d'être poétique. Je suis même allé jusqu'à m'y établir pendant que j'ai laissé une illusion de moi-même au château. Sortilège qui ne m'a coûté quasiment rien tant la régénération de magie était abondante.

 

La progression des 3 techniques de continuité de la vie était immense en 50 ans. Mes magiciens n'ont jamais cessé de progresser.

 

 

XI : Trahison et urgence

 

J'étais + proche des magiciens que des affaires étatiques. Quel peuple d'ingrats : je les aide, ma gouvernance est la moins ingérante possible, allant même jusqu'à très peu me montrer en public, et ils veulent me renverser ! J'aurais dû tuer plusieurs personnes, conquérir plusieurs villes, ramener comme morts-vivants une bonne partie d'entre-eux, puis annexer une partie du territoire du royaume pour en faire le mien. J'ai été trop absente certes, mais j'ai été également trop gentille. Il faut croire que ce peuple qui se plaint facilement aime la tyrannie. Mais qu'est-ce qui m'a prit de renverser un roi qui représentait donc si bien son peuple ?

 

Je me suis alors lâchée avec ce peuple ingrat, et j'ai détourner sans gêne une bonne partie des fonds publics pour les reverser à mes magiciens afin qu'ils accélèrent le pas sur la recherche de la continuité de la vie, et en faire 3 sortilèges. Mais pressée par la révolte populaire, et par crainte que mon repaire soit enfin découvert, j'ai alors amené mes magiciens à se concentrer sur l'incarnation et la résurrection.

 

La révolte grondait dans la ville. Déjà, j'avais coupé l'hypocrisie de mon illusion à laquelle le peuple ne croyait plus. Mes morts-vivants comme mon assistant non magiciens m'avaient suivis. La progression des 2 sortilèges continuait du mieux qu'elle pouvait. Mes mages, notamment ceux qui ne sont pas morts-vivants, étaient sous pression. Certains abandonnaient en cours de route, trop stressés par le contexte pour rester concentrer (je ne leur en veux pas), d'autres voulaient que les recherches sur les 2 sortilèges de la continuité de la vie aboutissent, tant pis pour la tension, quoique ces derniers étaient + rares que ceux qui avaient abandonnés.

 

Les 2 sortilèges auront enfin bientôt aboutit ! Mais la révolte s'est massée devant la Cité des Merveilles. Comment leur tenir tête... ? J'ai une idée ! Je vais leur envoyer mes nécromanciens morts-vivants que j'ai gardé. Ils vont voir ce qu'il en coûte d'affronter une bienfaitrice qui ne les a jamais gravement nuit. Mes "crimes" sont parfaitement pardonnables tant leur gravité est négligeable. Oh bien sûr, il y a cet argent public que j'ai volé après leur révolte inutile en représailles.

 

Finalement, mes nécromanciens, dont j'utilisais beaucoup de ma magie à les ranimer en mort-vivants, ont tenu. Ils ont maté la révolte. Le peuple, en grand nombre, décida d'être prudent sans abandonner son agressivité. Il décida de faire siège. Plusieurs jours.

 

J'envoyai de mes morts-vivants invisible voler de la nourriture pour les ramener à mes nécromanciens qui sont bien vivants et toujours motivés à faire la recherche jusqu'au bout. Dans l'urgence, la recherche des 2 sortilèges était complète mais non expérimenté. La certitude théorique ne prouve pas qu'une recherche ait été un succès tout comme elle ne prouve pas que la recherche a été jusqu'à son terme de remplir tous les objectifs.

 

Enfin ! Les 2 parchemins de sortilèges sont prêts ! Je les ais lu et j'ai imprimé les sortilèges dans ma mémoire. Ne me manque plus qu'à m'en servir sur des décédés qui ne se vengeront pas en guise de récompense, donc pas sur les citoyens décédés. N'ayant pas de cobaye sous la main, impossible donc de vérifier le fonctionnement des 2 sortilèges.

 

 

XII : Siège

 

Un esprit solitaire parmi mes magiciens, tenant compte du peuple qui menaçait la Cité des Merveilles, dehors, avait conçut un sortilège; l'Armée des Araignées. Ce dernier nous a alors confié que ce serait la meilleure solution que d'envoyer des magiciens morts-vivants, + utile en recherche qu'au combat, malgré leur facultés stoppés à la date de leur décès quand ils sont devenus morts-vivants par mon sortilège raté de résurrection (et que l'on peut désormais appeler sortilège des morts-vivants). Le sort d'Armée des Araignées auraient le double effets de se multiplier plusieurs fois, et comme les araignées peuvent pondre, celà engendrerait des araignées qui ne coûtent rien en magie, au cas où. La peur qu'elle déchaineraient empêcherait ainsi toute révolte, y compris venant de professionnels qui voudraient détruire nos progrès.

 

Il expliqua que puisque le trou noir apportait de la magie illimitée, que l'on pouvait invoquer et réinvoquer des araignées autant que l'on veut. De +, le sortilège, une fois lancé, fonctionne selon une période de temps indépendante de l'entretien de magie à accordé, non en fonction de la magie à consacrer aussi longtemps que necéssaire. Tout seul, encore une fois, il a inventé un procédé qui peut lancer automatiquement et plusieurs de fois la création des araignées en ayant créer 3 orbes rouges. Ces 3 gemmes de pouvoir lanceraient des sorts en prenant l'énergie du trou noir (dans lequel aucun d'entre nous n'a osé plonger, ni même explorer, nos priorités ayant été d'abord la création des 2 sorts de continuité de l'existence, incarnation et résurrection, ainsi que le peuple qui tente de nous tuer, dehors). Enfin, l'apprenti magicien, qui donnait de + en + l'impression d'être un maitre, nous a dis que le lancement automatique des sorts comme l'interruption necéssiterait une personne pour les contrôler avec les chaines qui y étaient attachées.

 

Ce magicien a beau être très jeune, sa grande intelligence et son sens de la stratégie se moque totalement de l'âge. Sa créativité m'a donné beaucoup d'espoir. Celà dit, il s'est occupé de ce plan et des détails sans m'en avoir parlé avant... Il a tenté de voler mon pouvoir, et surtout mes projets... Bien... Quelqu'un d'intelligent ne peut pas avoir toutes les qualités, j'imagine...

 

Alors, Vlad s'est manifesté. Lui aussi voudrait apprendre les 2 sortilèges, et développer les connaissances suffisantes pour apporter sa contribution. Il est vrai que la continuité de la vie par réincarnation n'a pas du tout commencé. Et peut-être pourrait-il continuer la recherche des 2 sortilèges dont la finition n'a pas été prouvée ?

 

L'occasion d'expérimenter les sortilèges se présentera un jour, mais la certitude d'être en vie diminuait pour chacun d'entre nous, y compris pour moi, mon immortalité n'étant pas parfaite, surtout si mon point faible est découvert, et que j'ignore moi-même.

 

Vlad s'est aussi proposé de préserver la Cité des Merveilles. C'est lui qui tiendrait les 3 chaines, chacune attachée à sa gemme respective. Etant en armure, je l'ai désigné comme gardien des sortilèges que nous avons découvert. Mon ami ne m'a jamais trahi et sa confiance méritée. Il s'est enchainé aux gemmes. C'est lui qui les contrôlerait. Tous le temps passé avec moi l'a aidé à avoir la concentration suffisante pour maitriser les gemmes. Leur lancement de sort et la réserve de magie étant garantie par le trou noir. Il s'est enchainé volontairement, et demanda même à mon apprenti de souder les chaines à son armure. Mon apprenti et mon assistant ne demandent pas mon avis ? Enfin, c'est moi, le chef dans cette baraque !

 

Et cet apprenti... Quel était son nom, déjà... Brag. Je devrais l'avoir à l'oeil. Je l'ai admiré, mais il tend à me prouver qu'il cherche à prendre ma place. Je pourrais lui régler son compte ou le féliciter des décisions qu'il a prit (bien qu'il m'ait désobéi une fois au lieu de venir me parler). Mais plutôt ne rien lui dire. Il y a aussi ces gens en armes qui menacent d'envahir les lieux, dehors.

 

 

XIII : Conflit difficile

 

Oh non ! Une partie importante du peuple est revenu à la charge ! Avant que l'attaque ne recommence encore une fois, je vais évader mes magiciens vivants en les téléportant hors de la Cité des Merveilles; de cette façon, ils pourront continuer leur vie, et personne ne fera le lien entre eux et mon projet des 3 sortilèges de continuité de la vie. Ne restaient alors que Vlad, mon groupe de morts-vivants composé de magiciens et de soldats, et moi-même. J'ai épargné mon apprenti car je pense ne pas avoir tout perdu avec lui, et s'il est encore vivant après quelques dizaines d'années, il reviendrait à mon service.

 

Et voilà, le combat a commencé. Chacun de nous attaqua comme il pouvait. L'opposition étant en grand nombre n'ayant que la rage comme qualité de combat, elle fut vite matés. Cependant, malgré cette déconvenue, d'autres assaillants arrivèrent, des magiciens. Il s'en est fallu de peu, mais une fois encore, l'opposition a été matée. La suite dans les idées était loin d'être tarie chez les adversaires, et cette fois, des hybrides, à la fois magicien et guerrier, également très doués dans les 2 domaines, arrivèrent au combat. Cette fois, le combat tournait en grande partie à notre désavantage, la victoire envers ces ennemis assez puissants n'était qu'un trop court répit. Je ne pouvais pas ranimer mes morts-vivants, car j'échouerais à ma vigilance et ma concentration devait être au maximum contre l'opposition.

 

Les magiciens-guerriers encore vivants s'éloignèrent puis firent place à quelqu'un d'encore + talentueux qu'eux-mêmes. C'était, je pense, une archimage, car elle m'a surpassé dans mes connaissances en magie. Dans ses yeux, je le pressentais, elle savait qu'elle n'a aucune chance de me vaincre, car en tant que liche, je ne peux pas être détruite par la seule force de la détermination et elle ne savait pas comment me vaincre. Je n'ai pas abandonné et j'ai contre-attaqué, mais pendant que ses alliés lançèrent tous les sortilèges de protection possible, l'archimage lança un sortilège de répulsion du vent; moi ainsi que mes morts-vivants tombés avions basculés dans le trou noir magique ! Elle s'était servit du puit pour me bannir à défaut de me vaincre. Peut-être que le puit tue les vivants ou suspend leur vie, mais moi, je ne peux pas mourir de cette façon.

 

 

XIV : Espoirs suspendus

 

Malgré tous mes efforts, je n'ai pas pu remonter. A partir de maintenant, c'est certain; le jour où je reviendrai à la surface, ils vont tous connaitre de mon courroux, ne leur laissant plus le choix entre m'obéir ou souffrir. Je bâtirai mon propre pays avec une taille de territoire suffisante, selon mes propres règles, et que ça leur plaise ou non, ils m'accepteront ! Ceux qui me refuseront feront partie de mes troupes d'offices.

 

Pendant ma chute, j'entendis plusieurs insectes. C'était des araignées géantes, en très grand nombre. Mon assistant avait réussi. Il avait patiemment préparé une légion d'araignées de tailles multiples au lieu de les relâcher au fur et à mesure. La révolte a été matée encore une fois, et peut-être ont-ils eut leur compte pour envisager d'abandonner. J'ai ensuite entendu un écroulement de pierres. Pourvu qu'il n'ait pas tout détruit, excepté peut-être l'entrée de la Cité des Merveilles.

 

Avant que je ne tombe trop loin dans le trou noir, j'ai transmis à Vlad par la pensée ces simples mots; "Merci pour tout..."

 

 

 

Auteur : Sirayar.

 

Fiction basée sur la série Aventures, de Bazar Du Grenier, ainsi que sur le personnage de la nécromancienne, fin de la saison 2.

[Texte crée le 17 Février 2016]

[Publié le 7 Mars 2016]

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Published by regard-existence - dans Aventures
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